14. La Bosnie et le Sud de la Serbie

 


1. Višegrad
2. La vallée de la Drina
3. Retour en Serbie

1. Višegrad


Lorsque nous quittons Mokra Gora, le soleil pointe enfin le bout de son nez après plusieurs jours de pluie. La route qui sillonne la montagne en Bosnie est de toute beauté. Nous apercevons de temps à autre les minarets blancs des mosquées qui contrastent avec le vert des feuillages (les musulmans constituent 45% de la population en Bosnie-Herzegovine).

Avant d’arriver à Višegrad, nous rencontrons un groupe de cinq cyclos français qui roulent dans notre direction. Après une brève discussion, nous les laissons nous doubler gentiment tandis que continuons à notre petit rythme pépère. Nous arrivons à Višegrad avant midi. Affamés nous dévorons une spécialité bosniaque dans un petit troquet puis traversons le vieux pont sur la Drina et continuons notre route vers le Sud.

Le vieux pont de Višegrad


2. La vallée de la Drina


Drina…
Un nom aux consonances qui m’évoquent une beauté secrète…
Les eaux transparentes de la Drina s’écoulent dans la vallée tandis que la route que nous prenons passe à flanc de montagne, nous offrant un paysage de toute beauté, lorsque nous ne sommes pas dans tunnels…

La vallée de la Drina

A chaque tunnel, c’est le même scénario : nous vérifions que nos phares fonctionnent (ceux de Tina ne cessent de s’éteindre), nous attendons qu’il n’y ait pas de voiture en vue puis nous pédalons le plus vite possible jusqu’au bout du tunnel en évitant les nids de poules et autres obstacles incongrus. Je suis vraiment content d’avoir un bon éclairage sur mon vélo ! A chaque sortie de tunnel, nous somme ébahis par la beauté presque vierge de cette nature. La vallée est splendide.

Lorsque nous traversons Drina

Après un moment, nous arrivons à un carrefour et nous décidons de ne pas continuer jusqu’à Sarajevo, mais de continuer vers l’est en suivant le cours de la rivière Lim (un affluent de la Drina qui prend sa source au Monténégro). Suivre les rivières en montagne est d’ailleurs une bonne stratégie pour éviter les dénivelés trop importants.

Le paysage le long de la rivière Lim est également grandiose. La route grimpe d’abord sur plusieurs kilomètres, puis nous offre un panorama magnifique sur les alentours. Petite pause. Le soleil se couche derrière les montagnes.

Vallée de la rivière Lim

Après une dizaine de kilomètres de descente nous trouvons un coin pour la nuit dans un champ le long de la rivière. Nous demandons à une famille si nous pouvons nous installer ici et ils acceptent sur le champ 😉

Le soleil se lève sur la vallée. Nous émergeons de nos sacs de couchage, puis profitons de la rivière pour nous laver et préparons un petit déjeuner dans cet environnement magnifique. Lorsque je suis parti en voyage, je rêvais de passer des moments comme ceux-ci. Aujourd’hui je suis heureux de les vivre !

Déjeuner sur la berge de la rivière Lim


Pour nous rendre au Monténégro, nous repassons à nouveau par la Serbie.

3. Retour en Serbie


A la frontière Serbe, nous remarquons une étrange pub pour une charcuterie, quelques blouses blanches entourés d’une pléthore de saucissons et de quelques bouteilles de vin alors que nous sommes dans une région musulmane, et cerise sur le gâteau : l’entreprise s’appelle Koran !

Un peu moins drôle : chaque jour dans les Balkans nous croisons des décharges à ciel ouvert, des amoncellements de déchets qui fument. Outre l’aspect écologique, il y a l’aspect humain. Dans chaque décharge, nous voyons des gens parcourir ces montagnes de déchets pour y trouver de quoi gagner quelque sous. J’espère que nous n’oublierons jamais ce que nous voyons sur la route et ce que nous apprenons chaque jour. Quoi qu’il arrive, nous ne sommes pas à plaindre.

Une décharge parmi d'autres

Nous rejoignons la rivière Lim à nouveau (nous la suivrons jusqu’au Monténégro) et pédalons toute la journée entre les collines. Pas de tunnel cette fois, la route est également beaucoup moins dangereuse que celle de Kragujevac à Užice, et elle est plus jolie 😉

Le soir venu, nous trouvons un coin parfait pour camper près de la rivière Lim, mais c’est une propriété privée. Tant pis, nous décidons de passer la barrière. Nous installons la tente car le temps n’est pas au beau fixe puis nous faisons un feu et commençons à cuisiner. Un peu plus tard, le propriétaire vient vers nous avec son fils, mais au lieu de nous réprimander, il sort une canne à pêche, pêche un poisson, nous le découpe et nous apporte un plat et des épices pour que nous puissions le faire cuire… Eh oui, nous sommes de retour en Serbie !

Un coin parfait pour camper près de Lim

Tina prépare à manger (avant de se faire offrir le poisson)

Le poisson était évidemment délicieux. Nous avons partagé avec l’homme un petit peu de la rakia que nous transportons depuis Užice puis nous sommes partis nous coucher.

Pendant la nuit, il se met à pleuvoir. Nous sommes bien contents d’avoir monté la tente ce soir.
Autour de minuit, une lampe éclaire notre tente, je sors et vois le propriétaire du champ en pyjama sous la pluie qui me propose un jeu de clés en me montrant la petite cabane à côté. J’hallucine ! Il nous dit qu’il repassera chercher les clés demain matin. Toutefois, nous ne dormirons pas dans la cabane puisque nous avons la tente mais nous y mettons les vélos à l’abri.

Réveil vraiment pluvieux. Ca ne donne pas envie de partir dans la montagne mais nous n’avons pas le choix, alors en route !

Et voilà à quoi ressemble la route sous la pluie

Après deux heures sous la pluie, nous nous arrêtons à un café le long de la route et essayons de faire sécher un peu nos affaires détrempées sur la terrasse. Je ne regrette pas d’avoir pris un pantalon imperméable avec moi mais par contre je maudis ces chaussures en goretex qui ne sèchent pas une fois qu’elles ont pris l’eau ! Tina avec son poncho vert ressemble à une créature hybride entre un vieux marin et un gnome.

Pause thé

La pluie cesse lorsque nous arrivons au dernier village avant la frontière. Cette région de Serbie est aussi à majorité musulmane et beaucoup de villages ont des mosquées qui leur confèrent un petit coté dépaysant que nous apprécions beaucoup.
Beaucoup de régions frontalières sont montagneuses et la frontière entre la Serbie et le Monténégro ne fait pas exception à la règle. La route zigzague entre les parois rocheuses de la gorge de la rivière Lim. La beauté scénique du lieu est indéniable mais notre plaisir est une fois de plus gâché par quelques conducteurs qui semblent avoir le feu aux fesses et qu’on craint de voir surgir à chaque virage…

En route pour le Monténégro

Derniers Kilomètre avant le Monténégro

Nous croisons un cycliste Autrichien d’une cinquantaine d’année mais l’endroit est peu propice à la discussion alors nous continuons chacun de notre coté, dommage.
A la frontière Monténégrine, nous dépassons une très longue file de voiture. Les gens discutent, certains piqueniquent. Que se passe-t-il ? Nous allons discuter avec la police. Un agent nous explique que le tunnel est bloqué, il y a eu des chutes de pierres et ils ouvrent la frontière seulement toutes les quatre heures. Papotage et confabulations, il accepte finalement de nous laisser passer.

Tunnel en réparation

Et voilà, un petit zigzag entre les machines et nous sommes au Monténégro ! Nous allons profiter d’une descente magique sur une route sans voiture ! Le bonheur ! Mais je raconterai tout ca au prochain épisode. 😉

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 Posted by at 10:36 pm

  One Response to “14. La Bosnie et le Sud de la Serbie”

  1. “Lorsque je suis parti en voyage, je rêvais de passer des moments comme ceux-ci. Aujourd’hui je suis heureux de les vivre ! ”

    Oh comme je te comprends. Chaque fois que je prend la route je me remet en condition et dans l’expectation de retrouver ce type de sensations ! Super article, comme toujours. Le Monténégro est une destination dont on m’a dit beaucoup de bien, à en voir tes photos, j’ai encore plus envie d’être dans un mois !

    Bon, vivement le prochain épisode !

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