01. France

 


1. Départ
2. Belfort
3. Mulhouse

1. Départ


Sur le départ

Au cours des longs mois de préparation précédant mon départ, j’ai souvent pensé à ce jour où je partirai seul avec mon vélo. J’ai lu plusieurs récits de voyages à vélo dans lesquels les voyageurs décrivent des départs intenses et bouleversants. Mon départ pourtant était simple, léger, presque naturel. J’ai partagé un dernier repas avec ma famille, fait une bise à notre vieille voisine et à ma marraine, puis je suis parti.

A cheval sur cette monture que je ne connais pas encore, je cherche mon équilibre, je vacille légèrement, mais une fois passés les premiers tours de pédales, tout s’enchaine presque naturellement.
Je regarde la route défiler. Je ne pense pas au monde que je quitte et peu à ce qui m’attend sur la route. J’ai la sensation d’avoir tourné une page dans ma vie. Oh, je pourrais être mort de trouille mais à quoi bon avoir peur? Certes je vais devoir trouver chaque jour un endroit où dormir, mais j’aurai toute la journée pour y réfléchir et je sais bien que je n’évolue pas dans un univers hostile ou dangereux. Je n’ai pas peur mais je suis curieux. J’ouvre l’œil. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend et c’est probablement le plus excitant.

Je suis en mouvement. Je me sens libre, comme le vent, je ne suivrai pas d’itinéraire tout tracé. Je suivrai mon intuition, mes envies, mes sentiments, et les conseils des voyageurs. Je ne vais pas en vacances, je ne cherche pas non plus à atteindre une destination précise, la route me suffit. Mon voyage, c’est la route. Je veux progresser lentement, rencontrer des gens et partager. Vivre. J’espère que ce voyage m’aidera à apprendre à vivre différemment, à vivre un peu mieux, mais je sais ce voyage sera seulement ce que j’en fais, mon propre chemin, mon propre apprentissage…

La solitude m’intrigue mais ne me fait pas peur. Je sais qu’en voyageant seul je vais rencontrer davantage de gens sur la route, traverser des paysages de rêves, découvrir de nouvelles cultures, gouter des plats traditionnels, me laisser surprendre, me laisser chavirer, me faire mal parfois, mais toujours je veux garder mon sourire.

2. Belfort


Etobon, un village de Haute-Saône

Malgré toutes ces jolies convictions, je dois quand même admettre que mon premier jour à vélo m’a fait souffrir physiquement. J’avais promis à ma grand-mère de lui rendre visite sur la route mais j’ai largement sous-estimé le relief de la route. De toutes petites collines qui m’ont fait prendre conscience que pousser 50 kilos de bagages sur un vélo demande quand même un brin d’entrainement. Je souffle, je sue, je pédale, je m’arrête régulièrement pour reprendre mon souffle, rassembler mes forces et repartir ! J’espère que dans quelques mois je pourrai monter ces collines en chantonnant.

J’ai passé ma première nuit aux alentours de Belfort, chez des couchsurfers (voir mon article en anglais sur couchsurfing). Quel réconfort de passer la soirée entouré de Xavier et ses collocs, tous souriants et accueillants comme de vieux potes. Je mange une énorme ration du délicieux diner préparé par Julie. On boit quelques bières, puis un peu de vin, puis du rhum et j’en oublie presque la douleur sourde dans mes mollets.

3. Mulhouse


Le long du canal Rhin-Rhône

Le deuxième jour, sur les conseils avisés de Xavier, je décide de rejoindre le canal qui relie le Rhin et le Rhône pour le longer jusqu’à Mulhouse. Le soleil brille comme en été. Mon thermomètre affiche 18 degrés ! La route est beaucoup plus agréable qu’hier pour mes petits mollets de débutant et pour la première fois depuis des mois, je n’ai plus de doute sur mon voyage, je sais que d’avoir tout quitté pour faire ce voyage était une bonne décision, je sais que j’irai loin. Pourtant, aujourd’hui, je roule doucement le long du canal. Je regarde les canards. Je m’émerveille de petits riens. Je suis heureux.

En arrivant à Mulhouse, je demande aux passants s’ils savent où se trouve la rue de mes couchsurfers. Avec un peu de patience et de chance, je fini par trouver. J’attends presque deux heures dans le froid avant que quelqu’un arrive. Peu importe, je n’ai pas peur d’attendre…

Je reste 4 jours à Mulhouse. Lors de ma dernière soirée en France, je revois quelques quelques amis. Le lendemain je prends la route pour la Suisse, mes jambes sont de nouveau légères et la route est plate le long du canal. Je suis le seul vélo sur la piste cyclable, j’enchaine les kilomètres, je chante…

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