45: Un bref passage en Suisse

 

Trajet 2015 -> Ligne rouge

1. Le fruit du hasard
2. Sur la route de Schaffhausen

1. Le fruit du hasard


En 2011, lors de mon précédent voyage vers l’Est, j’avais traversé le Nord de la Suisse avant de rejoindre la Bavière enneigée. Je me rappelle les magnifiques paysages de montagne de la vallée de Glarus, mes galères dans la boue sur la route de Baden, le froid et mon campement sous la neige près du lac de constance… Cette fois, bien que nous n’ayons pas d’itinéraire précis, nous avions convenu de suivre plus ou moins les berges du Rhin du côté allemand, ce qui nous éviterait de taquiner les Alpes Suisses et les pentes plus douces de la forêt noire.

En quittant Huningue où nous avions passé la nuit, nous quittons aussi la France et arrivons à Lörrach, ville voisine de Bâle, en Allemagne. A Lörrach, la piste cyclable semble nous emmener trop au Nord alors nous décidons de nous diriger vers l’Est de Bâle pour retrouver le Rhin. Les indications sont confuses et notre seule carte de la région est une carte touristique gratuite bien imprécise qu’un chauffeur de taxi m’avait offert à l’aéroport de Stuttgart lorsque j’assemblais mon vélo à mon retour du Kirghizstan. Après bien des détours dans la banlieue de Bâle et les villages environnants, nous nous retrouvons nez à nez avec la frontière Allemande, à Lörrach ! Comment avons nous pu tourner en rond de la sorte ? Je maudis mon sens de l’orientation jusqu’à ce que je comprenne, plus tard, que la frontière Helvetico-Allemande fait une sorte de «S ».

Pour ne pas rebrousser chemin, nous décidons de continuer notre route en Allemagne mais encore une fois nous nous égarons. Finalement un cycliste nous guidera jusqu’au Rhin, sur l’Eurovélo 6. Pour les non-initiés, l’Eurovélo 6 est une route-vélo (une succession de pistes cyclables) qui relie L’Atlantique (Nantes) à la Mer Noire en Roumanie. Je l’ai suivie sur quelques portions en 2011 mais j’aime davantage la liberté de choisir ma route que la sécurité d’être sur un itinéraire balisé. Toutefois, l’Eurovélo 6 suit majoritairement les rivières, du coup c’est plutôt sympa pour notre mise en jambes…

2. Sur la route de Schaffhausen


Rheinfelden

A Rheinfelden, la route vélo nous conduit en Suisse un peu malgré nous. Faire demi-tour est toujours frustrant alors nous traversons le pont de pierres sur le Rhin et poursuivons notre route dans la forêt en Suisse. Un peu plus tard nous trouvons un abris en bois pour nous protéger de la pluie, l’endroit parfait pour passer la nuit. Ce soir là nous sommes rejoints par trois jeunes malais qui visitent l’Europe à vélo, ils nous confient: “Yesterday it was raining a lot so we slept under the bridge in Mulhouse”.

Nos compagnons de camping d'un soir

Le lendemain nous reprenons notre route dans la forêt. Le chemin est plaisant, de temps en temps nous voyons un petit écureuil traverser puis sauter de branche en branche. Le long du Rhin, certains arbres sont grignotés par les castors. A Bad Säckingen je reconnais l’imposant pont en bois devant lequel j’avais terminé mon dernier morceau de comté il y a 4 ans. Les souvenirs qui marquent ne sont pas toujours ceux qu’on s’imagine 😉

Bad Säckingen

Après Bad Säckingen, la route est nouvelle pour moi. Nous traversons Laufenburg, une charmante petite bourgade sur le Rhin, des rues pavées et des maisons aux façades colorées…

Laufenburg

A la tombée de la nuit, nous trouvons un endroit parfait pour camper. Le camping sauvage est généralement interdit en Europe, et tout particulièrement en Suisse, mais après plusieurs années sur la route, je n’ai jamais eu le moindre problème avec les autorités. Le camping sauvage fait partie de l’aventure. Chercher un endroit sûr pour la nuit peut s’avérer compliqué dans les régions très peuplées mais la plupart du temps, c’est un plaisir de monter sa tente à la tomber de la nuit pour une nouvelle nuit dans la nature. Boire chaque matin un thé chaud devant un paysage différent… bref, cette fois nous ne sommes pas très cachés mais nous partirons tôt!

Camping time !

Le lendemain, nous reprenons la route vers l’est. Notre chemin humide a d’ailleurs été pris d’assaut par nos amis les escargots, mais comme nous avançons aussi comme des escargots, nous évitons facilement les crashs.

Petite pause au soleil… de quoi sécher quelques affaires

L’Eurovélo 6 que nous suivons à l’aveuglette depuis quelques jours (car nous n’avons pas non plus de carte de Suisse) nous fait découvrir les joies de la montagne et nous offre un bel enchaînement de dénivelés entre 10% et 12%. C’est en montée que le chargement de nos vélos se fait sentir. Justine découvre dans ses jambes des muscles dont elle ignorait jusqu’alors l’existence!
Nos efforts seront toutefois largement récompensés par le paysage des chutes du Rhin et par l’accueil chaleureux que nous réservent Antti et Selma, nos hôtes à Schaffhausen.

Les chutes du Rhin

Antti est un mec que j’ai rencontré lors de mon année d’études à Tampere en Finlande mais nous ne nous étions pas vu depuis 10 ans. Avec Selma, ils ont également voyagé en vélo. Ils ont vécu en Slovaquie, en Bosnie, en Italie, et ils nous apprennent beaucoup de choses sur la vie communautaire en Europe. Je n’en dirai pas plus car il y aurait trop à écrire sur cette belle rencontre…

Avec Antti et Selma

Après deux nuits aus sec, nous quittons Schaffhausen sous une pluie battante. J’ai dans mon sac une flûte typique de Slovaquie qu’Antti m’a fabriqué avec une branche de sureau. Je ne suis pas près de savoir en jouer mais je pense qu’elle peut m’être utile pour faire fuir les animaux qui rôdent la nuit un peu trop près de notre tente 😉

<< 44. France 46. Bavière >>

Galerie

 Posted by at 12:19 pm

 Leave a Reply

(*)

(*)